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Les principes de la permaculture ont la faculté de nous diriger de façon à ce que nous soyons toujours dans l’observation. C’est d’ailleurs de cette même observation de la nature et des écosystèmes vivants qu’elle tient son origine. Et quand on observe la nature dans sa quête de perpétuation, on voit que les choses se passent dans l’ordre sans brûler les diverses étapes. C’est pourquoi dans cet article nous verrons huit grandes étapes qui nous mèneront vers notre autonomie alimentaire.

 

Étape 1 : Le fonctionnement biologique des sols, mais aussi leur structure et leur composition

C’est certainement l’étape la plus importante.

Voici quelques notions de la vie du sol :

Dans le sol, les fractions vivantes (ou biologiques) sont aussi importantes que les micro et macronutriments qui y circulent. Il y a des millions de micro-organismes différents qui s’emploient à une grande variété de rôles, comme réguler le pH dans la zone racinaire des plantes. Certains dégradent la matière organique (les champignons, les bactéries, les lombrics, les campagnols, etc.), d’autres se nourrissent de ces derniers, comme les acariens, les carabes, les collemboles, les protozoaires et les amibes. La présence ou non de ces organismes vivants nous donnera une excellente indication de la santé de notre sol. Pour vivre normalement, ces organismes ont tous besoin d’être protégés par un couvert végétal (paillage), ce qui empêchera le soleil d’assécher le sol ainsi que la pluie de le tasser, et nous évitera par conséquent le labour et ses effets dévastateurs. Ils ont également besoin d’avoir accès à une diversité de plantes cultivées, ce qui est indissociable à une grande diversité dans le sol puisque cela nécessite une variété de petites bêtes pour décomposer la matière organique produite.

Précision importante sur les lombrics : ils sont en grande partie responsables de la formation de la terre (autrement dit, sans eux, pas de sol !). Pour faire simple, ces organismes descendent dans les profondeurs, là où sont les argiles, et remontent dans l’humus* sans arrêt, ce qui mélange en permanence l’humus à l’argile, donnant naissance à la terre.

* L’humus est la couche supérieure du sol créée, entretenue et modifiée par la décomposition de la matière organique, principalement par l’action combinée des animaux, des bactéries et des champignons du sol. L’humus est une matière souple et aérée, qui absorbe et retient bien l’eau, de pH variable selon que la matière organique est liée ou non à des minéraux, d’aspect foncé (brunâtre à noir), à l’odeur caractéristique, variable selon qu’il s’agit d’une des nombreuses formes d’humus forestier, de prairie ou de sol cultivé. (source : Wikipédia)

Parmi ces vies du sol, il y a un type de bactéries qui est très important, c’est-à-dire les bactéries symbiotiques fixatrices d’azote. Elles ont la faculté d’absorber l’azote atmosphérique et de le transformer en une forme qui sera assimilable par les plantes. En échange de ce travail, les plantes fourniront aux bactéries un composé carboné.

En général, dans le sol, on va trouver deux sortes de matières, que l’on va appeler matière ligneuse (qui contient beaucoup de cellulose et de lignine) et matière non ligneuse (qui ne contient pas de lignine). Ces matières tiennent leur origine des arbres et des plantes qui, une fois morts, se déposent sur le sol pour ensuite se décomposer et se retrouver dans la composition de celui-ci. Chaque organisme et micro-organisme aura une part spécifique dans la dégradation de ces matières. Par exemple, pour les matières ligneuses, ce sont certaines bactéries qui pourraient commencer le travail, en cédant progressivement leur position dominante aux champignons (le mycélium).

Le mycélium est en vérité la partie végétative de ce que l’on nomme communément « champignon ». Pourtant, ce sont véritablement ces mycorhizes les « champignons », tandis que ce que nous mangeons, c’est le fruit du mycélium. Ce dernier agit vulgairement comme un immense réseau de connexions et d’interconnexions souterraines entre les plantes, les arbres, l’eau et les nutriments se trouvant dans le sol.

 

Étape 2 : L’analyse du sol

Une fois que nous avons compris ces différentes notions, nous pouvons passer à l’étape suivante qui est l’analyse de notre propre sol.

Cela passe par des analyses en laboratoire, qui peuvent souvent avoir un certain coût, mais qui pourraient s’avérer être un atout formidable. Elles s’effectuent avec des échantillons que nous prélevons dans notre terre, si possible à plusieurs endroits, ce qui pourra nous apporter de bonnes informations sur les micronutriments se trouvant dans notre sol, le pourcentage de matière organique, le pH, etc.

Le pH du sol est très important, car les sols très acides ou très alcalins tendent à retenir les nutriments. La plupart de ces nutriments sont accessibles à un pH compris entre 6,3 et 7,0. On s’aperçoit que certaines plantes se plaisent plus dans une terre au pH légèrement acide, et d’autres au pH légèrement alcalin, sachant que la plupart des plantes aiment les sols avec un pH variant entre 5,5 et 7,0.

 

Étape 3 : L’importance de se renseigner sur les espèces végétales endémiques de la région

Précision : si on cherche des espèces qui ne sont pas locales, bien se renseigner au préalable sur leurs conditions et adaptations avant l’introduction dans notre milieu.

Pour se faire une idée, il peut être intéressant de se renseigner directement auprès de personnes ayant de bonnes connaissances dans le domaine, comme les personnes d’un certain âge et d’une certaine expérience. Mais on peut encore aller dans les bibliothèques de notre région en y recherchant des livres spécifiques.

 

Étape 4 : L’origine de nos graines, noyaux et plants

On préférera si possible les anciennes variétés (idéalement issues de notre propre production), bio, locales et surtout de variété adaptée, non hybride.

Une graine ou un noyau garde une trace génétique de sa provenance, ce qui lui permet normalement en toute logique de pouvoir s’adapter année après année. Exemple : une graine qui deviendra une plante qui pourrait très bien, par exemple, rencontrer des difficultés liées à l’obtention de certains minéraux essentiels ou qui serait sujette tout simplement à pousser sous forte chaleur, peut très bien l’inscrire dans sa génétique pour prévenir les générations suivantes de graines produites par cette plante. Les nouvelles graines vont ainsi avoir de meilleures informations sur leur environnement, ce qui leur permettra de mieux s’adapter.

Voilà pourquoi il est vraiment important de privilégier la récolte et l’utilisation de ses propres graines. Il en va tout à fait de même pour les noyaux.  

 

Étape 5 : Connaissance des macro et micronutriments

On étudie ensuite spécifiquement ce qu’on veut planter ainsi que les besoins : quels sont les besoins spécifiques de mes plantes en macro et micronutriments ?

Les macronutriments sont généralement absorbés en plus grande quantité par les plantes, comme l’azote, le phosphore, le potassium et le magnésium. L’azote stimule la croissance et la production des feuilles. Le phosphore, quant à lui, aide les plantes à fleurir et à produire leurs graines. Le potassium les rend plus résistantes aux maladies et aux éventuelles perturbations environnementales.
Les micronutriments sont des nutriments essentiels dont la plante a besoin en plus petite quantité, comme le bore, le cuivre, le fer, le chlorure, le manganèse, le molybdène et le zinc. Bien que les quantités requises soient très infimes, les plantes doivent recevoir les quantités adéquates, sinon elles seront sujettes à toutes sortes de troubles et ne paraîtront plus en bonne santé.

 

Étape 6 : Comment puis-je apporter ces nutriments ?

Dans un premier temps, il sera intéressant de prendre connaissance des besoins spécifiques (de façon générale) des plantes et des arbres que l’on désirera incorporer sur notre terrain.

Dans un second temps, il s’agira de pouvoir apporter les nutriments. Pour ce faire, plusieurs solutions s’offrent à nous :

 

  • Le mulch (définit la couverture mise en place sur la zone de culture, exemple : tas de feuilles et branches), qui aidera à créer de plus en plus d’humus.
  • La polyculture (qui consiste à planter plusieurs espèces en même temps dans le même espace) et l’association des plantes, qui pourront s’entraider.
  • Respecter l’écosystème (respecter la libre expression de la nature, comme laisser de grandes zones sur notre terrain pour les adventices et les autres plantes indigènes qui ont leur utilité et sont d’une importance cruciale pour la structure et la vie du sol).
  • S’intéresser aux plantes bio-indicatrices.
  • Favoriser la culture de certaines plantes produisant beaucoup de biomasse, comme la consoude, la rhubarbe, etc.

 

 

Étape 7 : Notions d’un écosystème vivant, exemple du jardin-forêt

Quand on parle de notion d’écosystème en faisant référence au jardin-forêt, c’est avant tout l’observation des systèmes naturels déjà en place, autrement dit les forêts, pour nous en inspirer dans la création de notre système d’autonomie alimentaire. On peut s’inspirer de l’agroforesterie, qui mélange les arbres et les fruitiers avec les plantes, légumes et autres baies.

 

Étape 8 : Étude des zones (ou design en permaculture)

Le design en permaculture est un document que l’on va réaliser qui a pour but de nous aider dans la conception technique de nos zones de culture, avec des méthodes et une stratégie. Il prend en compte l’ensemble de nos ressources : eau, sol, climat, topographie, temps, argent, etc.

Le design aura aussi pour but de nous faire étudier un plan d’orientation, à savoir de situer chaque élément (microferme, maison, parcelles de culture, serres, mares, etc.) dans l’espace et les uns par rapport aux autres.

Cette dernière étape me paraît véritablement très importante, c’est pourquoi je vous invite à la réaliser consciencieusement.


Avec tout mon amour
Eatman

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Eatman - Permaculteur / Hygiéniste

Depuis son adolescence, Eatman (Thomas de son prénom), est en proie à un malaise profond : le monde dans lequel il évolue ne le satisfait pas. Il partage ses idées et n'hésite pas à les confronter avec des médecins, diététiciens et autres naturopathes. Fort de ses nouvelles certitudes, il entreprend alors de changer radicalement de mode de vie, consommant principalement, à 70% une alimentation vivante, bio et végétal (composé de fruits, feuilles, oléagineux et de légumes).

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