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Myriam et Jacky, couple de sportifs de haut niveau, parcourent le monde depuis plus de 10 ans au rythme des compétitions sportives. Champions du Monde de raid en 2011 et 2013, ils ont aussi la particularité d’être Fruto-végétariens crudivores. Au cours d’un entretien d’environ une heure, Myriam et Jacky sont revenus avec nous sur les raisons qui les ont poussés à adopter un régime végétarien et l’impact que ce changement a eu sur leur santé et leur performance. Découverte.

 

Christine : Vous vous décrivez comme « Fruto-végétariens crudivores », pouvez-vous nous expliquer ce que c’est?

Jacky : Le véganisme, pour nous, c’est plus une philosophie, et on ne colle pas tout le temps là-dedans. En plus, on mange un peu de produits venant d’animaux de temps en temps comme du miel.

Myriam : En fait, en ce qui nous concerne, on ne se dit pas « végane » parce que selon nous ça fait un peu extrémiste et on n’aime pas les choses trop extrêmes. On est très ouverts et on a remarqué que cela faisait peur aux gens quand on leur disait être « végane » — même si on fait extrêmement attention à tout ce qui est autour de nous. Mais selon nous, il n’y a pas que les animaux qui sont à protéger, il y a aussi la planète et l’humain. C’est pour ça que l’on se définit comme fruito-végétariens crudivores. (Rires)

 

 

C. : Donc en fait vous mangez cru tout le temps, n’est-ce pas?

Jacky : Oui, je dirais qu’à 95 % du temps on mange cru. Mais on s’adapte aussi au contexte.

Myriam : On sent que ce n’est pas pareil quand ont mange cuit plutôt que cru. On aime manger cru.

 

 C. : Quel a été l’élément déclencheur dans votre décision de changer d’alimentation?

Myriam : Ç’a été plein de petites choses. Au début, c’était parce qu’on faisait du « Run non-stop » et c’était dans une idée de performance… Pendant le « Run non-stop », on courre 7 jours et 7 nuits sans arrêter et, en fait, au bout de 2-3 jours, de ne pas dormir et de ne jamais s’arrêter, cela créait un tel déséquilibre dans notre corps que l’on n’avait plus du tout envie de manger… Alors on a cherché des alternatives. C’est là qu’on a commencé à enlever tous les produits industriels et à manger plus de fruits et de légumes.

Jacky : Avant, on mangeait tout ce qu’il ne faut pas manger. Surtout moi. Je mangeais de la viande et tout ce qui provenait de produits animaliers; je ne mangeais pas forcément des masses de légumes; enfin, j’avais vraiment une alimentation super traditionnelle. Mais petit à petit, au fur et à mesure de nos recherches, on a vu que c’était la clé de la performance. En parallèle, on a voyagé pendant deux ans en Australie où l’on vivait dans un van dans lequel nous n’avions pas de frigo. Comme nous n’avions rien pour conserver nos aliments, on a arrêté, sans vraiment faire attention, tout ce qui était produits animaliers.

Myriam : En même temps à l’époque, on a aussi commencé à courir en Chine et quant on a vu comment tout était stocké, comment ça se passait avec les produits animaliers on s’est dit : « non c’est pas possible! » (rires). On a donc tout supprimé et rapidement on a constaté que l’on se sentait de mieux en mieux. On ne pense pas que l’on reviendra en arrière. On est super bien et on souhaite que tout le monde connaisse cette façon de manger afin de se rendre compte des effets bénéfiques sur la santé – parce que ça change tout : ça change la tête et ça change la façon de voir la vie.

 

C. : Et c’était en quelle année à peu près?

Myriam : Plus de dix ans.

 

C. :  Donc votre changement alimentaire a provoqué un changement plus large dans votre façon de vivre?

Jacky : « Oui, ça a changé notre vie. À l’époque d’ailleurs, on vivait en France. Quand on est devenus vraiment végétariens, puis crudivores, puis frugivores, hey bien on a eu envie de pouvoir manger des fruits et des légumes frais et de qualité toute l’année. Et en France, si l’été on a du choix, pendant les saisons d’automne et d’hiver, on était plutôt limités. On a remis un peu en question notre façon de vivre et on a trouvé un peu par hasard l’île miraculeuse, dans les Canaries, où on vit maintenant. On a acheté un terrain à Tenerife où l’on a construit notre maison zéro déchet.

Myriam : On vit dans une « Tiny House » en fait. On a installé des panneaux solaires, on a une douche extérieure, une toilette sèche, on a créé un jardin en permaculture, etc. En fait, dès qu’on a de l’argent c’est pour acheter du terrain et planter des arbres (rires). Notre projet est de créer un centre où les gens pourront venir et découvrir c’est quoi de vivre différemment…

Jacky : Vivre et manger différemment.

Myriam : Parce qu’en fait chez nous y’a aucun électroménager à part le « juicer » et le « blender ». Sinon y’a pas de frigo, pas de four, pas de cuisinière, y’a rien. Donc autant vous dire que lorsque l’on reçoit nos amis et notre famille, ils sont dépaysés (rires). Mais ça se passe super bien.

 

C : Quels bienfaits en avez-vous retirés du point de vue de votre santé et de vos performances?

Myriam : C’est vraiment difficile de quantifier la performance pure parce que nous ne faisons pas de sports avec des chronos. Cependant, on constate que notre niveau de performance n’a pas diminué contrairement à celui de nos coéquipiers. Il faut noter que l’on enchaine les courses (à chaque 2-3 jours). On a aussi remarqué qu’au niveau de notre récupération ça n’avait rien à voir, surtout au niveau des blessures. Avant, on avait tout le temps des petites tendinites, des petites inflammations à droite et à gauche. Depuis que nous avons changé notre alimentation, on ne connaît plus ces problèmes. Je me souviens d’une fois où je me suis faite une belle entorse de la cheville et elle s’est miraculeusement réparée toute seule pendant la nuit. Je ne sais pas (rires), y’a un truc bizarre dans mon corps (rires). Jacky ne me croyait pas. Mais il l’avait vécu 6 mois après. C’est magique la vitesse à laquelle le corps se répare naturellement quand il est bien nourri…

Jacky : Avant de changer d’alimentation, j’étais asthmatique et j’avais 30 % de déficit pulmonaire. J’avais donc le droit de courir des compétitions internationales avec de la ventoline dans ma poche. Grosso modo, j’étais drogué. Une fois mon changement alimentaire effectué, j’ai tout jeté à la poubelle et je n’ai plus d’asthme. Aussi, l’un des premiers bénéfices que nous avons ressentis est que nous arrivons à mieux dormir; on pense de façon plus claire et plus rapidement. Les bénéfices ont été nombreux.

Myriam : Pour moi aussi, avant les compétitions, j’étais souvent très stressée. Et ce stress est parti aussi. Je crois qu’en dormant mieux, j’ai réussi à me débarrasser du stress qui ne servait à rien – celui que l’on se crée dans sa tête. Et comme pour nous, c’est notre quotidien de faire des compétitions, hey bien maintenant, c’est un quotidien agréable alors qu’avant c’était un quotidien qui pouvait être stressant.

 

C. : Être fruto-végétarien crudivore dans le sport de haut niveau, curiosité ou phénomène en développement?

Jacky : Je pense que les gens en rient plutôt parce qu’ils ne comprennent pas ou qu’ils ne veulent pas comprendre parce qu’ils n’ont pas envie de changer leur alimentation. Mais de plus en plus, on regarde que les gens se questionnent. Avant, il n’y avait quasiment personne qui mangeait des fruits sur le circuit. Aujourd’hui, ils sont plusieurs à descendre avec nous dans les marchés ou encore il faut faire la queue au buffet de l’hôtel pour prendre des fruits. Les gens ne le disent pas franchement, mais on voit que ça les touche de plus en plus.

Myriam : En fait, ça dépend aussi du sport et de la culture. Par exemple dans le monde du triathlon, de la bicyclette ou encore de la course à pied, les gens font pas mal de régimes différents donc ils sont habitués à des comportements un peu atypiques. Dans ces évènements, on passe plus inaperçus. Mais on a remarqué que cela dépendant aussi beaucoup du pays et de l’éducation. Je pense qu’en France on est un peu « arriéré » côté alimentation (rires) comparativement aux pays anglo-saxons où ils sont déjà beaucoup plus avancés et ouverts.

 

C. : Quel est selon vous le niveau de connaissance en nutrition chez les sportifs de haut niveau?

Jacky : En fait, la connaissance qu’ils ont c’est la connaissance que la société nous donne à travers la publicité. C’est de la désinformation totale en fait. Ce sont les lobbies qui veulent vendre leurs produits. Ils ont donc des savoirs, mais qui sont erronés. Mais on ne peut pas leur en vouloir. S’il y avait des lobbies très forts en végétarisme ou autre chose, ils auraient d’autres connaissances.

Myriam : Mais dans les magazines de sport, ils prônent toujours les pâtes et la viande… On se dit c’est pas possible! Et surtout toutes les gammes de produits énergétiques disponibles sur le marché : c’est une catastrophe. Les gens y croient parce qu’ils ont l’impression que c’est elles qui vont les faire avancer… On ne veut pas les dénigrer, mais c’est n’est pas toujours vrai.

 

C. : Quels conseils donneriez-vous à une personne qui souhaite devenir végétalien ou crudivore, mais qui désire éviter les carences?

Myriam : Je préconiserais de rajouter des jus dans votre alimentation.

Jacky : Avant chaque repas, prenez ½ litre de jus de légumes et vous verrez votre corps changer tout seul. Votre corps va se reminéraliser. C’est très facile et ça s’adapte à tout le monde et à tous les types de régimes.

 

Pour en savoir plus sur Myriam et Jacky, rendez-vous sur leur site web : http://www.myriametjacky.com/

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Christine Lacaze

Naturopathe, rédactrice web, méditante, maman écolo... Christine est de nature curieuse et enthousiaste. Elle aime partager ses expériences sur le chemin du bien-être et de la santé. Une vie plus saine et plus heureuse, voilà ce qu’elle vous propose d’expérimenter.

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