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Gwénola

Gwénola le Dref a connu depuis l’adolescence des hallucinations et de nombreuses douleurs (digestives, musculaires…). Après avoir reçu le vaccin anti-hépatite B, sa santé physique et mentale ne cesse de se dégrader. Souffrant de troubles bipolaires très prononcés, elle doit prendre des traitements lourds qui restent sans effet. Quatre questions à Gwénola sur son parcours du combattant…

 

Qu’est-ce qui vous a amené à changer d’alimentation ?

Pendant plusieurs années, des traitements neuroleptiques avaient réussi à apaiser mes douleurs physiques mais nullement la souffrance psychologique. Les effets secondaires étant devenus trop problématiques, j’ai arrêté les neuroleptiques pour prendre du lithium. Les douleurs physiques intenses sont revenues mais mon humeur s’est stabilisée. En fait, comme un ECG plat, je n’avais plus aucune émotion, ni tristesse, ni joie. Sans ma fille, il est certain que j’aurais jeté l’éponge, la douleur physique était bien trop horrible et tellement permanente !

En 2010, j’étais donc très malade depuis de nombreuses années (15 ans), tant physiquement que psychiquement et ma santé s’était récemment encore aggravée. Je venais de faire un rappel de vaccin DTP et là, j’ai compris que les vaccins me tuaient à petit feu. J’avais lu des informations à propos de la myofasciite à macrophages (maladie due à l’aluminium des vaccins), j’ai fini par obtenir un diagnostic. Seulement, mon instinct me disait qu’il devait y avoir quelque chose à faire. Je ne pouvais me résigner à attendre de mourir.

J’ai cherché et trouvé… des liens entre intoxication aux métaux, candidose et intolérances alimentaires. Puisque, depuis 15 ans, aucun médecin n’avait su m’apporter de solution valable et que je sentais bien que mon corps me lâchait, je me suis lancée dans un changement radical d’alimentation.

 

Comment s’est passé la transition ? Qu’avez-vous mis en œuvre ?

À l’époque on n’entendait pas encore parler des méfaits du gluten et des produits laitiers comme aujourd’hui, j’ai d’abord douté des informations que je trouvais sur internet.

J’ai commencé par recevoir chaque semaine un panier de légumes bios. J’ai diminué le gluten, les produits laitiers, le sucre sans même y croire tellement, mais après 4 mois mon mental allait mieux. J’ai donc poursuivi, et seulement 8 mois donc après le début , j’ai complètement supprimé gluten et caséine (protéine des produits laitiers) et je me souviens avoir subi un syndrome de sevrage pendant quelques jours. Il faut dire que le petit déjeuner était mon repas préféré.

Les semaines qui ont suivi, j’ai été en plein déménagement, et cela n’a pas été facile ni physiquement, ni psychologiquement. Si je doutais au début, les quelques écarts alimentaires m’ont vite fait comprendre que malgré la désapprobation générale de mon entourage, je devais poursuivre sur cette voie. En faisant les cartons, j’ai retrouvé un test d’intolérances alimentaires que j’avais eu la chance de faire à Oslo en 1998 mais que j’avais oublié, et qui montrait de multiple intolérances alimentaires et une candidose.

À peine arrivé dans le nouvel appartement, j’ai pris des mesures drastiques. J’ai supprimé tout ce qui était interdit sur la liste, plus tout ce qui est sensé nourrir ce fameux candida. Il ne restait plus grand-chose, quelques légumes verts avec un peu d’huile de colza et d’olive.

 

Gwé - copie

Qu’est-ce que ça a changé ? au niveau de votre maladie, mais aussi peut-être du reste…

En fait, du côté du psychisme, rapidement, je suis passé d’un enfer qui durait finalement depuis toujours (je suis née très intoxiquée) au paradis. Le brouillard mental, l’impression de n’être pas dans la réalité, cette sensation d’être deux qui m’avait hantée depuis l’enfance s’évanouissait enfin. Vous pensez bien que cela m’a donné une sacré force pour poursuivre sur le chemin !

Pour les douleurs physiques, il m’a fallu attendre quelques mois pour qu’elles me fichent notablement la paix.

J’ai été très stricte et disciplinée pendant 18 mois. Cela n’a pas été tous les jours facile, ça remue quand même. Au niveau psychique, il m’a fallu voir au-delà de ce que j’avais connu jusque-là, de ce que je vivais et voir au-delà de moi-même, de mes propres pensées. En fait, il s’agissait presque de croire à l’impossible…

Au fond de moi, je savais que c’était possible. J’ai toujours beaucoup aimé la nature, ma grande amie, et j’ai décidé de lui faire confiance.

J’avais un diagnostic de bipolaire depuis quelques années mais finalement c’était bien la première fois de ma vie que je connaissais l’euphorie, et ce pour de bonnes raisons, même si personne ne pouvait les comprendre. Quand je me suis lancée, j’espérais un soulagement mais c’est allé bien au-delà, je découvrais un autre monde, une autre dimension… une nature pleine d’amour.

L’avant a pris une sacrée claque et moi avec. Vous savez, on entend dire « oui, c’est sa nature »… l’air de dire, on n’y peut rien, c’est ainsi, et bien tout cela a quand même changé ; mais rien d’étonnant en fait, puisque la physiologie agit sur le tempérament et l’alimentation sur la physiologie.

 

Qu’auriez-vous à dire et/ou à conseiller à ceux qui vous liront ?

Qu’il est bon d’apprendre à écouter son corps qui nous parle et de se méfier de notre mental qui n’est qu’un manipulateur. Croyons aux capacités naturelles de notre corps à l’auto-guérison, donnons-lui sa chance et arrêtons de le surcharger. Souvent le moins est le mieux. Le plus dur est généralement de fuir la peur du manque.

Je dirais qu’il faut faire pleinement ses propres expériences, être persévérant mais accepter de faire marche arrière si l’on sent qu’on est dans l’erreur. Ce que l’on aime le plus au niveau des goûts gustatifs n’est pas forcément le meilleur pour notre santé, bien au contraire.

Trouvons les moyens qui nous conviennent pour gérer le stress, ce qui nous aidera à maintenir une nutrition en adéquation avec notre bien-être. Car cela agit dans une boucle. Si nous mangeons bien, nous sommes moins stressé et vice-versa. Surtout ne pas se lancer tout feu, tout flamme : d’après l’observation, la progressivité me semble être gage de réussite.

Apprenons à nous apprécier à sa juste valeur et à nous aimer. Pour nombre d’entre nous c’est un gros point noir. Personnellement, je continue de fouler le chemin. J’ai appris que rien ne tombe du ciel, et que tout se travaille.

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Carine Phung Van

Journaliste indépendante, Carine a découvert l’alimentation vivante il y a plusieurs années. Alors mère de son troisième enfant, elle expérimente une énergie qui la convainc d’adopter ce qui pour elle est devenu un art de vivre. Ses petits problèmes de santé s’envolent, puis finalement ses problèmes de thyroïde. Passionnée, Carine co-crée alors le magazine Le Chou Brave. Puis elle rejoint l’association La vie en Raw, pour aider à promouvoir l’alimentation vivante en région Rhône-Alpes. Elle réalise aussi des vidéos de recettes crues ou de témoignages à travers les chaînes YouTube La vie en Raw et Vital’Liens.

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1 réponse
  1. lmlavie
    lmlavie dit :

    Merci Gwénola pour ce témoignage. Moi aussi diagnostiquée bipolaire, j’ai essayé de m’en remettre d’abord seule, puis avec l’aide de la médecine allopathique mais cela allait de plus en plus mal. Convaincue que je pouvais retrouver un équilibre j’ai persévéré à vouloir m’en soulager naturellement et j’ai eu le bonheur de rencontrer une femme formidable qui m’a parlée de son vécu, du soulagement qu’elle a connu en suivant les conseils de Thierry et soutenue lorsque j’ai modifié mon alimentation progressivement. Je veux témoigner à mon tour qu’en diminuant énormément le gluten et les produits laitiers j’ai retrouvé un équilibre, une joie de vivre et même une force formidable lorsque j’ai accompagnée ma jeune soeur, mon âme soeur qui est finalement décédée d’un cancer en mars dernier. Ma conscience s’est illuminée et malgré les difficultés cela vaut la peine de franchir le pas vers plus de liberté!!!

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