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Interview de Guillaume, Coffee Pixels - Regenerescence

 

  • Bonjour, Guillaume, est-ce que tu peux me parler brièvement de toi ?

Tout d’abord il faut savoir que je suis un grand fan du Japon, j’ai vécu là-bas pendant une période de ma vie.D’abord au nord de l’île d’Okinawa, puis Osaka et Tokyo.

J’ai constaté une perte de sens dans les villes japonaises, ce qui m’a laissé dans une situation qui était pour moi inédite : Je savais plus ce que je voulais faire, mais désormais je savais ce que je ne voulais absolument pas faire. Rentrer dans un système de métro, boulot, dodo avec un travail contraire à mes convictions m’était impossible.

Je suis particulièrement sensible à la forêt et au monde végétal, j’aime quand les choses ne vont pas d’elles-mêmes, par exemple il est assez facile de s’attacher à animal, car il donne de l’affection alors qu’il faut être davantage concentré sur l’observation pour comprendre ce qui touche aux mondes du silence tel que les plantes ou les poissons.

J’ai donc décidé de contacter Gunter Pauli fondateur ZERI (Zero Emissions Research and Initiatives), à travers eux, j’ai pu découvrir toutes sortes de projets, dont un en particulier qui m’a interpellé celui de Coffee Pixels.

Enfin un produit qui permet à l’écosystème de se régénérer, de progresser, de trouver son chemin d’évolution tout en permettant à l’être humain d’y trouver sa place en générant des plus-values à travers les trois Écos : Écologie, Économie et Écosystème dont les caféiculteurs, et consommateurs sont une des composantes. Pour moi, c’est ça qu’il faut préserver, et Coffee Pixels est l’un des rares projets aujourd’hui, qui est capable de proposer ces trois paramètres en même temps.

  • Quelle est ta formation? Comment as-tu commencé à travailler pour Coffee Pixels?

J’ai fait une fac de biologie que j’ai arrêté ne voyant pas l’intérêt de me spécialiser davantage via un système universitaire classique, alors que pour moi le problème auquel on fait face est un problème global, systémique.

Par la suite, j’ai fait une formation de naturopathie à Paris qui était holistique, mais encore une fois, m’a semblé trop réductrice puisqu’on prenait uniquement en compte l’environnement intérieur des personnes et sans s’interroger sur l’environnement extérieur alors que celui-ci est tout aussi important.

Les 3 Écos dont la racine commune oikos signifie la gestion de la maison, du patrimoine nous démontrent bien que les problèmes de notre civilisation sont à différentes échelles, dans notre gestion de la maison : notre planète Terre.

Autodidacte de nature, je me suis formé dans différents domaines par passion. Cela m’a permis, quand j’ai rejoint Coffee Pixels, d’avoir à la fois la compréhension globale du produit, mais aussi la capacité de les aider à prendre contact avec le marché Japonais vu que j’avais passé quelques années là-bas.

  • Peux-tu nous parler de la création de Coffee Pixels?

Le produit a été créé il y a 4 ans, et comme toutes les starts-up conçues dans un petit laboratoire, une petite cuisine.

Par la suite, il faut générer l’intérêt des gens, puisqu’on est sur un produit qui n’existe pas, il n’y a pas de demande sur le marché. C’est comme lorsque Steve Jobs a lancé l’iMac, personne n’en voulait, tout le monde pensait que les ordinateurs étaient faits pour l’État ou les grandes entreprises sans comprendre l’intérêt d’avoir un ordinateur personnel. Et donc la demande n’était pas là, il a fallu générer la demande à partir de 0.

C’est ce qui se passe aujourd’hui avec Coffee Pixels, il faut quelqu’un derrière le comptoir pour expliquer le produit. Les gens ont encore du mal à comprendre en quoi consiste un café solide aujourd’hui, beaucoup imaginent qu’il faut le faire fondre dans de l’eau alors que ça se mange naturellement, comme un carré de chocolat.

La mise sur le marché a débuté en Lettonie, dans les pays de la mer baltique ainsi qu’en Finlande, puisque c’est le pays ayant la plus grosse consommation de café au monde par habitant.

  • Quelles sont les vertus/avantages d’un tel produit?

On est vraiment sur le cas typique d’un produit bien pensé de manière général : lors de la création du produit, les fondateurs, baristas de profession, avaient une optique complètement gustative. Ce qui les intéressait c’était d’avoir une complexité et un spectre au niveau des arômes avec de l’amertume, un côté sucré et un peu d’acidité. Tous ces produits sont présents naturellement dans le café si l’on a une bonne approche de torréfaction et de brewing.

Lors de la création du produit, il leur manquait l’acidité qu’ils sont allés chercher dans la baie, la cascara, qui comporte une acidité naturelle. Les résultats ont été très concluants. C’est par après, notamment avec l’approche de Gunter, qu’ils se sont rendu compte que le fait d’utiliser ce fruit apportait des bénéfices extraordinaires, notamment car il s’agit du fruit ayant le plus haut taux d’antioxydants au monde, ayant une masse sèche très importante contenant des protéines, des fibres et des antioxydants.

C’est un produit ultra sain pour le consommateur, qui aide le producteur, car on achète l’intégralité de son travail tout en améliorant l’écosystème et en éliminant la pollution générée par le gâchis de la cascara – Mottainai comme disent les japonais.

Un autre avantage de ce produit vient du fait qu’il ne provoque pas excitation :

1ère raison : La réponse simple c’est que quand on a du gras, la digestion se fait plus lentement. La caféine arrive donc plus lentement et a une action plus diffuse et continue dans le sang.

2ème raison : la réponse compliquée, c’est que la nature est bien faite et qu’il y a des équilibres entre les végétaux et les différentes substances et notamment lorsqu’on parle de café ou de caféine puisque les antioxydants ont une action opposée à la caféine, elle est vasoconstrictrice (resserre des vaisseaux sanguins entraînant l’augmentation de la pression artérielle) alors que les antioxydants sont vasodilatateurs, ils augmentent le volume des artères et artérioles réduisant ainsi la pression.

Lorsqu’on prend du thé vert, il n’y a pas de phénomène de main qui tremble puisqu’il n’y a pas de torréfaction et que le ratio est naturellement présent dans la plante alors plus que plus on torréfie le café, plus on détruit les antioxydants de la plante tout en conservant la caféine, très résistante à la chaleur. La méthode de torréfaction chez Coffee Pixels est très douce permettant de conserver une grande partie des antioxydants et de réguler tous les phénomènes liés à la caféine.

  • Quels sont vos futurs projets ?

Nous avons prévu de nous implémenter au plus proche des caféiculteurs en Colombie, l’idée serait que cette unité fournisse l’Amérique du Nord. Par la suite, nous avons comme projet de de nous implémenter à Madagascar et finalement en Indonésie pour le marché asiatique.

Pour chacune de ces locations nous prévoyons de régénérer 100 000 hectares de forêt diversifiée et élargir l’idée du pixel avec d’autres types de plantes poussant uniquement dans ces écosystèmes.

Si nous prenons l’exemple de la Colombie, on pourrait imaginer un écosystème dans lequel le revenu du caféiculteur ne vienne pas uniquement d’une monoculture de café, mais d’un café sous canopée avec des avocats, des bananes, des agrumes. Puis, en strate basse, de la griffe de chat réputée pour la sérotonine, des plantes aromatiques pour faire des huiles essentielles, des champignons etc.

Nous voulons globaliser l’idée de forêt jardin afin que ça devienne une sorte de modèle pour les grosses entreprises.

  • Quelque chose à rajouter?

Autre que Coffee Pixels je souhaite lancer d’autres projets de cet ordre-là.

Par exemple, pour moi le CO2 n’est pas un déchet, mais plutôt une ressource inexploitée provocante de la pollution à cause de son accumulation. Si nous observons la nature et les écosystèmes, ceux-ci utilisent le carbone de manière beaucoup plus efficace que nous, et en changeant notre utilisation du carbone en abandonnant les énergies fossiles pour aller vers une gestion du carbone biologique à la manière des écosystèmes, nous aurons, selon moi, la clef du monde de demain avec une société bien meilleure pour l’économie, l’écologie et l’écosystème, qui se souciera donc enfin du bonheur de tous.

J’ai envie de lancer tout un tas de projets dans ce sens-là avec des marques de vêtements, dans le bâtiment, etc.

J’invite les lecteurs à s’inspirer de cette transformation, de changer de perspective sur ce que l’on voit comme des déchets afin de les utiliser comme ressource, les transformer et en faire quelque chose de nouveau.

 

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Découvrez la barre de café cascara par Coffee Pixels sur notre boutique 

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Joannie

Joannie carbure au kombucha, au yoga et… aux câlins de ses chats! Curieuse de nature, elle tend vers un art de vivre plus éthique et sain. Amoureuse du vivant et militante en faveur du bien-être animal, elle a adopté un mode de vie végane il y a quelque temps. Rédactrice et stratège Web, elle a l’œil pour dénicher les plus récentes tendances et vous les présenter.
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