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Contrairement au fructose naturel (ou lévulose) qui s’avère bénéfique à la santé et que l’on trouve naturellement dans les fruits et le miel à hauteur de 20 à 40 %, le fructose raffiné est un produit industriel nocif, au même titre que le sucre blanc raffiné, même si on le trouve couramment dans les magasins de produits biologiques.

Ce sucre est fabriqué en Europe, non à partir de fruits, mais grâce à l’inuline (un polymère de fructose) que l’on extrait des racines de la chicorée. Il est obtenu dans certains cas par scission moléculaire du saccharose (glucose plus fructose), ce qui en fait un produit encore plus raffiné que le sucre blanc.

En matière de sucres raffinés, les fabricants de sodas ont choisi depuis les années 1970 d’utiliser du sirop de glucose à haute teneur en fructose (SGHTF), un mélange de fructose et de dextrose, plutôt que du saccharose issu de la canne à sucre. Or, le sirop de glucose à haute teneur en fructose a été associé à un mauvais développement du collagène chez les animaux en croissance, car il perturbe l’absorption du cuivre. En outre, on a constaté que, le fructose devant être métabolisé par le foie, il induit des problèmes hépatiques semblables à ceux des alcooliques chez les animaux qui en consomment beaucoup.

Le SGHTF a peut-être aussi un lien avec le diabète et l’obésité. Le sirop de glucose-fructose est encore appelé HFCS. Le fructose raffiné est élaboré à partir de maïs, par exemple. Mais pour cela, il faut être équipé de centrifugeuses, d’hydroclones, de colonnes industrielles échangeuses de cations et de quelques seaux d’enzymes…

Ces sucres contournent les mécanismes normaux de régulation de l’appétit (absence de sécrétion d’insuline et de leptine) et favorisent la surconsommation de calories et la prise de poids.

L’avantage majeur du fructose est qu’il a peu d’effets sur la glycémie. Son index glycémique est en effet de 20, alors qu’il est de 100 pour le glucose. Il ne sollicite pas l’insuline du pancréas. Cependant, absorbé en grande quantité, il entraîne une élévation des graisses circulantes et la baisse d’une hormone qui contrôle l’appétit, la leptine.

Les animaux auxquels on donne un régime riche en fructose raffiné se mettent à manger davantage et leur poids, ainsi que leurs graisses corporelles, augmente. Il est souvent recommandé aux diabétiques, mais il provoque une résistance à l’insuline chez le rat et le chien, et une augmentation de la production de radicaux libres.

Ces molécules, prises en excès, peuvent endommager les cellules des tissus, en particulier celles du foie, du pancréas, des reins et du cœur.

Les études chez l’homme vont dans le même sens. D’après certaines recherches, la consommation immodérée de fructose raffiné par les diabétiques pourrait accélérer l’évolution vers des complications telles que les rétinopathies, les gangrènes, etc. Malheureusement, les industriels utilisent de plus en plus le fructose pour édulcorer leurs produits.

Une consommation importante de boissons ou d’aliments sucrés au sirop de fructose favorise la lipogenèse (formation de graisse dans l’organisme), l’hypertriglycéridémie, la diminution du « bon » cholestérol, l’hypertension, etc. Aux États-Unis, certains chercheurs ont même mis en relation l’explosion de la consommation de sirop de fructose de ces 30 dernières années avec l’épidémie d’obésité : le fructose agirait différemment des autres sucres sur les hormones qui régulent l’appétit. Il est donc préférable d’éviter les produits où le fructose apparaît, en particulier au début de la liste d’ingrédients.

Le docteur Mike Pagliassotti conseille d’éviter la consommation d’aliments auxquels ont été ajoutés du sucre et du fructose (par exemple, ceux qui contiennent du sirop de maïs, de riz, de blé ou d’orge). Dans la pratique, cela paraît difficile lorsque l’on sait que ces sucres se retrouvent dans de très nombreux produits comme les aliments pour bébés et enfants, les gâteaux, les biscuits, le pain, les confitures, les yaourts, la bière, les chewing-gums, les confiseries, les barres et poudres chocolatées, les pâtisseries, les céréales du petit-déjeuner, les boissons aux fruits, les fruits en conserve, le popcorn, les sodas, le chocolat, les boissons du sportif, etc.

Des quantités considérables de fructose induisent également un stress oxydant, facteur de vieillissement. Toutefois, dès lors que le fructose est apporté (sous forme de miel, par exemple) en consommation quotidienne modérée, les effets pro-oxydants et l’élévation des lipides sanguins n’ont plus lieu.

Des effets pervers sont-ils à redouter, même pour une consommation modérée ? Pour l’instant, le principe de précaution s’impose, car rien n’a encore été clairement établi. Selon Patrick Vexiau, chef du service de diabétologie et d’endocrinologie de l’hôpital Saint-Louis à Paris et secrétaire général de la Fédération française des diabétiques, « les indices s’accumulent pour penser que, pris en grandes quantités, le fructose présente des effets délétères importants. Et s’il s’agit d’une consommation modérée, il ne présente guère d’intérêt par rapport au saccharose. Finalement, si nous conseillons de consommer du fructose, c’est seulement à travers les fruits, sans excès non plus, bien entendu. »

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Eric Darche

Eric Darche est naturopathe hygiéniste depuis 25 ans. Parallèlement à sa formation de base et son expérience acquise grâce à ses consultations, il a en permanence amplifé ses connaissances par l’étude de nombreux travaux de recherche ainsi que par un échange régulier et fructueux avec différents scientifiques. Il anime aussi depuis de nombreuses années des ateliers, conférences-débats, stages, formations, cours, afin de sensibiliser le public sur l’impact majeur de la nutrition sur la santé et a rédigé à ce propos de nombreux articles dans la presse.
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