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Commençons par définir ce qu’est l’adolescence : l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) considère que l’adolescence est la période de croissance et de développement humain qui se situe entre l’enfance (10 ans) et l’âge adulte (19 ans). Il s’agit d’une période de transition critique dans la vie et se caractérise par un rythme important de croissance et de changements. La puberté marque le passage de l’enfance à l’adolescence.

Les adolescents sont de plus en plus sédentaires. Une étude publiée dans le numéro de janvier 2016 de Pediatrics, « Locations of Physical Activity as Assessed by GPS in Young Adolescents »[1], a suivi 549 adolescents (12 à 16 ans, garçons et filles) équipés d’un GPS afin de suivre leurs mouvements (ou l’absence de mouvement). L’étude montre une activité moyenne de seulement 39,4 minutes par jour, contre 60 minutes recommandés par l’OMS ! Cette étude montre également que l’école peut constituer une part importante du problème. En effet, les appareils GPS ont révélé qu’en moyenne, les adolescents n’étaient actifs que 23 minutes par jour à l’école. Selon certaines estimations, moins d’un adolescent sur 10 pratique les 60 minutes d’activité physique recommandées par jour.

Les statistiques sont déprimantes : en 40 ans, les cas d’obésité chez l’enfant et l’adolescent (âgés de 5 à 19 ans) ont augmenté à une vitesse fulgurante ! Ils ont été multipliés par dix[2]. Selon l’OMS, la prévalence du surpoids et de l’obésité chez les enfants et les adolescents âgés de 5 à 19 ans est passée d’à peine 4% en 1975 à un peu plus de 18% en 2016.

Quelles sont les conséquences sur les adolescents ?

La hausse de l’IMC est un facteur de risque majeur pour certaines maladies chroniques comme :

  • les maladies cardiovasculaires (dont l’hypertension artérielle est le premier symptôme), qui étaient déjà la première cause de décès en 2012 ;
  • la résistance à l’insuline et le diabète ;
  • les troubles musculo-squelettiques, en particulier l’arthrose – une maladie dégénérative des articulations, très invalidante ;
  • certains cancers (de l’endomètre, du sein, des ovaires, de la prostate, du foie, de la vésicule biliaire, du rein et du colon).
  • la dépression[3]et autres problèmes psychologiques ;
  • de l’ostéoporose précoce avec un risque accru de factures ;
  • Le risque de contracter des maladies non transmissibles augmente avec l’IMC.

 

Les adolescents sont moins actifs que jamais… et pourquoi ?

Les chercheurs ont tiré plusieurs conclusions :

  • Bien que la majorité de l’activité physique des adolescents ait eu lieu à l’école, la faible proportion de temps d’activité par rapport au temps passé à l’école est une indication du potentiel d’augmentation des activités en milieu scolaire. En effet, dans un rapport publié en 2013 par la School of Public Health de l’Université de Harvard[4], près de 7 parents sur 10 déclarent que les écoles de leurs enfants ne dispensent pas d’éducation physique quotidienne, même si les experts recommandent de 150 à 225 minutes par semaine.
  • Des horaires fastidieux et moins de sommeil : l’augmentation des devoirs, les activités extra-scolaires qui se multiplient, des journées à rallongent, et une heure de coucher de plus en plus tardive, conduisent à une fatigue évidente des adolescents. La motivation et l’énergie nécessaire n’est alors plus là pour faire de l’exercice.
  • Le constat est le même au niveau de l’alimentation : une alimentation occidentale accès sur la junk food, les produits industriels, transformées et raffinés, trop riches en sucres et en sel, et bien trop pauvres en nutriments. Les adolescents sont suralimentés mais sous-nourrit. Ils n’ont alors pas l’énergie pour se dépenser, et compense l’état de fatigue par la recherche d’excitant. Un véritable cercle vicieux.

Quelles sont les recommandations pour rendre un adolescent plus actif ?

  • Avoir un sommeil réparateur : s’assurer que les adolescents aient au moins 8 heures de sommeil par nuit, en fixant un horaire de coucher en fonction de l’heure de réveil. Pour que ce sommeil soit réparateur, il est préférable de se coucher tôt, vers 22 heures. Après minuit, la recharge nerveuse laisse la place au nettoyage du corps. Il est important de couper les écrans bien avant (il existe une réelle dépendance aux smartphones) et d’avoir un temps calme avec des respirations conscientes et des étirements de la colonne vertébrale.
  • Manger mieux, et d’avantage vivant ! Encore une fois, le manque d’énergie est l’une des principales raisons pour lesquelles les adolescents ne bougent pas beaucoup. Diminuer les céréales, la viande, les produits laitiers, les plats industriels pour focaliser sur le brut et le naturel. Augmenter la proportion de végétal dans l’assiette pour atteindre 80% avec les fruits, les légumes, les oléagineux, les graines, les verdures, les jus de légumes reminéralisants, les graines germées, les algues, les légumes lactofermentés, etc. Il est également important de noter qu’une bonne alimentation permet d’éloigner les troubles du comportement alimentaire.
  • Expliquer l’importance d’une activité physique au niveau physiologique. Un enfant qui comprend est un enfant qui fait !
  • Utiliser un podomètre pour suivre l’activité physique quotidienne, et se challenger à marcher d’avantage : aller à l’école à pied si possible, aller à la bibliothèque ou faire les courses en vélo, aller faire une balade en famille en pleine nature au moins 1 fois par semaine, etc.
  • Faire de la maison, un lieu plus actif ! Beaucoup trop d’adolescents n’aident pas à la maison. Inclure l’adolescent dans les tâches quotidiennes : faire à manger, faire la vaisselle, travailler dans le jardin pendant 15 minutes, passer l’aspirateur ; Il est également facile de pratiquer des mouvements de renforcements musculaires et d’étirements sur une musique entrainante à la maison.

Les adolescents sont les adultes de demain, éduquons-les ! Pour eux, pour la planète.

 


[1] https://pediatrics.aappublications.org/content/pediatrics/early/2015/12/07/peds.2015-2430.full.pdf

[2] https://www.who.int/fr/news-room/detail/11-10-2017-tenfold-increase-in-childhood-and-adolescent-obesity-in-four-decades-new-study-by-imperial-college-london-and-who

[3] « Children’s Physical Activity and Depression: A Meta-analysis. » Korczak DJ & al. Pediatrics 2017. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28314824

[4] https://www.hsph.harvard.edu/news/press-releases/lack-of-physical-education-in-schools-concerns-parents/

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Sarah Juhasz

Ingénieur en génie biologique de formation, Sarah se passionne pour le sport avec notamment la course à pied. Suite à une blessure sportive, elle intègre la philosophie naturopathique, la méditation et le yoga dans son quotidien tout en transitionnant vers une alimentation végétale à forte tendance crue. Au fil des réflexions, des voyages, des rencontres, et de son cheminement intérieur, elle ne trouve plus de sens à son emploi pour une grande entreprise américaine. Elle se forme alors en cuisine végétale au sein d'une école américaine et entreprend des études de naturopathie au sein de l'Institut Supérieur de Naturopathie créé par Alain Rousseaux en étroite collaboration avec Pierre Valentin Marchesseau. Passionnée par l'humain, elle souhaite rendre la santé naturelle accessible à tous, éduquer et accompagner simplement et efficacement toute personne désireuse de retrouver son autonomie dans la gestion de sa santé. Elle est aujourd’hui auteure du livre « Ma bible de la naturopathie spéciale alimentation végétale crue » aux éditions Leducs, et sophrologue-relaxologue.

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