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ON VA PLANTER LES LÉGUMES :

Au mois de mai, la végétation a repris ses droits et les fleurs, arbres, arbustes et rosiers se développent de manière spectaculaire. C’est le moment où l’on va sortir nos semis de notre serre pour les planter en pleine terre. Nous allons également semer les autres graines directement en pleine terre.

Cependant, j’attire votre attention sur le fait que dans beaucoup de régions de France, et ce jusqu’au 15 mai, on peut encore avoir des gelées. Il sera donc préférable de laisser les jeunes plants qui craignent le plus le gel dans la serre. Ou, si pour diverses raisons (manque de place dans la serre, tige des semis trop grande, etc.) on ne peut pas garder nos semis en serre, nous pourrons alors tout de même planter directement en prenant soin de couvrir les plants les plus fragiles avec un voile déposé sur une armature faite ou achetée au préalable.

 

Les principaux légumes qui n’aiment pas le froid :

Les solanacées (tomates, aubergines, poivrons, mais également les pommes de terre) seront détruites si le gel les atteint. Les cucurbitacées (concombres, courgettes et autres courges) ne résisteront pas à des températures négatives. Notons également parmi les légumes gélifs, les haricots qui n’aiment pas les sols froids, je ne les sème personnellement jamais avant la mi-mai. D’autres légumes comme les fèves ou les pois peuvent voir leur floraison détruite par le gel printanier.

 

Ceux qui supportent le froid :

Les blettes, le chardon, les navets, les betteraves, les carottes, les choux, les brocolis, etc.

 

Astuces pour planter nos semis :

Quand vient le moment de replanter nos jeunes semis, il y a plusieurs choses à prendre en compte. D’abord, il faut faire attention à ne pas planter en pleine chaleur pour la principale raison que nous aurons besoin d’arroser nos plants une fois en terre et qu’il n’est jamais bon d’arroser en plein soleil. En effet, une forte chaleur peut affaiblir gravement la plante (un exemple est l’effet de loupe des goûtes d’eau au soleil sur les feuilles des plantes).

Ensuite, je trouve qu’il est important de prendre en compte la croissance des plantes. Le but est d’essayer de se projeter sur la taille adulte de la plante que l’on va repiquer pour éviter de planter trop serré ou si l’on pratique la polyculture et que l’on s’apprête à planter une diversité de plantes aux tailles différentes. Certaines plantes peuvent se concurrencer en cachant trop la lumière à une autre plante ou si elles ne sont pas « compagnes », comme à l’inverse certaines plantes s’aideront mutuellement…

 

Polyculture au potager :

Dans la nature comme on peut le voir, il n’y a pas de monoculture, c’est-à-dire que l’on ne voit pas d’endroits où poussent les mêmes plantes comme on pourrait le voir sur des champs d’agriculture conventionnelle.

Les plantes pour leur bon fonctionnement ont besoin d’être accompagnées de certaines autres plantes ; cela améliore leur immunité et leur croissance, et cela peut également empêcher l’arrivée de maladies ou de certains insectes.

Un exemple, si vous plantez des tomates les unes à côté des autres sans aucune autre plante, le mildiou va trouver facilement la tomate et une fois qu’il aura contaminé la plante, il contaminera par proximité ses copines tomates. Or, si vous avez planté du thym ou du romarin, par exemple, parmi vos tomates, eh bien d’une part le mildiou va avoir beaucoup plus de mal à reconnaître la tomate grâce à l’odeur que dégage les aromates. Ces derniers vont ensuite agir comme un antifongique. Enfin, si le mildiou atteint malgré tout la tomate, il n’ira pas se propager aux autres plants. Il n’aura en effet aucunement envie de s’attaquer à ces aromates.

Nous nous apercevons avec cet exemple qu’il est préférable d’associer et de s’intéresser justement à la polyculture.

 

Nous pouvons aussi créer une superbe association que j’aime beaucoup que l’on appelle les trois sœurs. Il s’agit d’associer maïs, courges ou courgettes et haricots à rame.

On plante dans un premier temps le maïs… puis une fois qu’il atteint la taille d’environ 20 ou 30 cm, on plante juste à côté une graine de haricot et une graine de courgette, par exemple. Ce qui est merveilleux, c’est de voir que les plantes ne vont pas se concurrencer au niveau racinaire et qu’elles permettront d’ailleurs de s’apporter et d’échanger entre elles certains minéraux, micro et macronutriments essentiels à leur fonctionnement.

Dans cet exemple, le maïs en poussant en hauteur va tirer l’azote du ciel et le faire descendre au niveau racinaire pour en faire profiter nos grands gourmands, nos amis les haricots. De plus, le maïs devenu grand va pouvoir servir de tuteur naturel pour les haricots à rame qui, dans de bonnes conditions, vont vouloir vite grimper partout. Pour couronner le tout, le maïs va permettre d’avoir une légère ombre qui plaira aux courgettes qui poussent aux pieds. Cela leur permettra de ne pas avoir trop chaud et de garder de belles feuilles bien droites, protégeant ainsi les pieds de maïs.

 

ON PEUT ENCORE PLANTER DES FLEURS POUR SAUVER LES ABEILLES :

Au mois de mai, pourquoi ne pas changer un peu du potager habituel, légumes monoculture et jardin décoratif ?

Les abeilles sont d’une importance cruciale pour tout l’écosystème de la planète, qui serait profondément bouleversé si elles venaient à disparaître. Notre mode de vie actuel, l’agriculture moderne, la pollution, etc. sont responsables de plus en plus de la disparition de plantes, de fleurs, d’insectes et notamment des abeilles.

On pourrait peut-être participer à remédier à ce problème en réfléchissant à notre consommation au quotidien, mais également pourquoi pas en plantant des fleurs et des plantes mellifères ?

Cela ne représente pas grand-chose, un geste simple, mais qui peut avoir de superbes effets positifs.

Il serait toutefois, bien entendu, préférable de planter des fleurs avec nos propres graines ou d’acheter des fleurs cultivées bio.

 

Voici quelques exemples de fleurs mellifères :

La lavande, le thym, la coriandre, la jacinthe, le perce-neige, le coquelicot, la bourrache, le fenouil, la sauge, le crocus, la renoncule des champs, le géranium, la marguerite, le bleuet, le calendule souci, le dahlia, l’aster, le myosotis, le zinnia, le cosmos, le tournesol, l’héliotrope.

Cela va vraiment aider les abeilles, mais aussi toutes nos plantes de jardin potager. Un mieux pour tout le vivant.

 

ON PEUT ENCORE SEMER (en serre ou pleine terre) :

Laitue, haricot, fenouil, endive, cresson, courgette, courge, potimarron, cornichon, concombre, colza, choux, claitonne, chicorée, chénopode, chayotte, céleri rave, céleri, carotte, cardon, calebasse, brocoli, blette, betterave, navet, bardane, aubergine, tomate, poivron, piment, asperge, artichaut, arroche…

 

ON PEUT BUTTER CERTAINS PLANTS DÉJÀ EN PLACE :

Par exemple, pour les pommes de terre, on s’aperçoit que plus on les butte régulièrement, plus elles produiront de tubercules, et il en va de même pour toutes les familles à tubercule. On peut très bien les butter avec de la paille, du foin par exemple, au lieu de devoir comme souvent tirer de la terre des côtés pour butter notre plant, ce qui pourrait empêcher la formation de tubercules dans ces zones et pourrait également nuire aux autres plantes qui pousseraient, par exemple, en polyculture avec les pommes de terre.

 

ON PEUT ACHETER DES PLANTS SI ON N’A PAS FAIT SES SEMIS :

Pour cela, il serait préférable, si on le désire, de s’approvisionner chez un producteur bio, voire même en permaculture si possible. Bien entendu, il y aura un coût financier bien plus important que lorsque l’on fait ses propres semis, mais ce sera toutefois toujours bien moins cher que d’acheter nos fruits et légumes en magasin.

Nous avons aussi (en mai justement) toujours et cela dans toute la France des « Bourses aux plantes ». Il peut s’agir de foire aux plantes, de festivals liés au jardinage, de troc de plantes ou de graines, ou encore de salons de jardinage. Vous trouverez, en écrivant dans votre moteur de recherche ces mots-clés, toutes les informations de tous les événements liés aux bourses de plantes.

Ces trocs ou foires aux plantes permettent justement d’obtenir pour peu cher des plants de qualité. Cela permet également de prendre le temps de discuter avec les producteurs, d’apprendre et d’échanger des idées.

Si, par exemple, vous aviez (ce qui peut arriver parfois) trop de semis de certaines variétés de plantes, vous pourriez toujours les apporter dans ces foires afin de les échanger.

 

CUEILLIR LES ORTIES ET FAIRE DU PURIN :

C’est la pleine saison, les orties sortent le bout de leur nez.

L’ortie, quand elle est mélangée à nos cultures en les déposant sur le sol, renforce énormément leur système immunitaire et apporte, surtout lorsque l’on fait du purin d’ortie, une excellente nourriture à nos autres plantes.

Le purin d’ortie à défaut de confusion ne permet pas de résoudre un problème symptomatique d’une quelconque maladie se manifestant sur une plante de notre jardin. Le purin d’ortie agit en préventif et permet d’apporter aux plantes des éléments extrêmement nutritifs.

Néanmoins, il faudrait être prudent quant à son utilisation, car en abusant de cette méthode, cela peut se révéler délétère pour nos plantes.

 

Comment faire le purin d’ortie ?

1 – Aller cueillir des orties.

2 – Les mettre dans un bac ou dans un seau (évitez absolument un bac en métal, car cela pourrait perturber les minéraux).

3 – Mélanger avec de l’eau. Il faut respecter les doses suivantes, autrement le purin pourrait être toxique pour les plantes.

Pour un engrais => 1 kg d’orties pour 10 L d’eau

Pour un « répulsif » => 1 kg d’orties pour 20 L d’eau

4 – Laisser macérer 1 à 2 semaines en remuant tous les deux jours environ.

5 – Filtrer la solution à l’aide d’un autre seau sur lequel on place un vieux T-shirt, par exemple, pour créer un filtre.

 

Utilisation du purin d’orties en tant que répulsif :

Pulvérisez sur les plantes avec un pulvérisateur pour l’utiliser contre les parasites.

 

Utilisation du purin d’orties en tant qu’engrais :

Versez-le directement dans la terre tel un engrais liquide après l’avoir dilué dans l’eau à 10-20 %.

 

L’ARROSAGE :

Au mois de mai, la chaleur suivant les régions commence à être importante.

Contrairement à nous, les plantes n’ont pas de vêtements à enlever lorsqu’il fait trop chaud, mais vont devoir malgré tout transpirer afin d’évacuer l’eau. Qui dit évacuation demandera par la suite indéniablement un nouvel apport d’eau. C’est pourquoi, plus il va faire chaud, plus les plantes auront soif. Si une plante transpire beaucoup, mais n’a pas assez d’eau pour se réapprovisionner, elle va s’affaiblir et nous allons nous apercevoir que les feuilles de la plante commencent à fléchir. C’est à ce moment que l’homme intervient.

Ouf, il y a l’arrosoir pour arroser…

 

Une question me vient. Et si on n’était pas là… ?

 

Imaginons bien qu’une plante tout comme l’homme devrait être autonome et pouvoir s’alimenter au sens large, mais notamment en eau et par ses propres moyens. Nous pouvons observer la nature et nous apercevoir ainsi que personne ne vient arroser ces plantes ou même les arbres qui poussent magnifiquement, et pourtant toute cette verdure naturelle qui nous entoure ne semble pas « mourir » de soif…

Bien entendu, dans notre jardin bien souvent, on est loin du contexte naturel, je vous l’accorde, mais c’est une autre question à laquelle nous pourrons nous attarder dans un prochain article.

Cependant, j’aimerais vous donner deux techniques à adopter pour autonomiser un maximum vos plantes en eau.

La première technique est de mettre un couvert sur votre zone de culture d’un minimum de 10 cm (sachant que le mieux est tout de même 20 cm) pour permettre dans un premier temps que le soleil ne cogne pas directement sur le sol et donc n’assèche pas la terre. Ce couvert permettra une bonne régulation de l’évaporation. De plus, il permettra de protéger la vie du sol et entre autres les mycorhizes, comme le mycélium.

Cette technique permettra de devoir intervenir beaucoup moins pour arroser, voire dans certains cas ne plus arroser du tout.

La deuxième technique est de ne pas arroser régulièrement nos plantes nous-mêmes avec un arrosoir chaque jour comme on le voit souvent, voire deux fois par jour. Il est préférable finalement pour une bonne optimisation et autonomisation de la plante de faire l’inverse.

En effet, si on arrose régulièrement et par petites quantités, l’eau ne va pas s’infiltrer dans le sol en profondeur (surtout si on n’a pas de couvert), car elle va vite s’évaporer au moment des chaleurs. Ainsi, les racines des plantes vont rester en surface (ce qui ne permet pas à la plante d’aller chercher l’eau présente en profondeur et qui peut en plus provoquer une instabilité de la tenue de la plante).

 

Si on privilégie plutôt un arrosage peu fréquent, mais abondant, on va justement permettre une bonne pénétration de l’eau dans le sol, ce qui obligera les plantes à faire des racines profondes et leur donnera une meilleure autonomie pour la suite.

 

Voilà une bonne petite liste pour les super moments que l’on peut passer au potager et au jardin au mois de mai. Toute l’année, il y a à faire dans ces lieux magnifiques. C’est pourquoi, si le concept vous plaît, mois par mois, on pourra étudier comme pour ce mois-ci tout ce que l’on peut faire au jardin. Bien entendu, il y a encore énormément de choses à faire au jardin à ce moment, mais j’avais surtout envie par le biais de cet article de vous donner les aspects les plus importants selon moi.

 

Avec tout mon amour,

 

Eatman

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Eatman - Permaculteur / Hygiéniste

Depuis son adolescence, Eatman (Thomas de son prénom), est en proie à un malaise profond : le monde dans lequel il évolue ne le satisfait pas. Il partage ses idées et n'hésite pas à les confronter avec des médecins, diététiciens et autres naturopathes. Fort de ses nouvelles certitudes, il entreprend alors de changer radicalement de mode de vie, consommant principalement, à 70% une alimentation vivante, bio et végétal (composé de fruits, feuilles, oléagineux et de légumes).

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