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Marie-Solange Raymond est artiste et chirurgien-dentiste de formation. Son expérience et la conscience que le corps est naturellement sain l’ont amené à se remettre en cause par rapport à la médecine qu’on lui avait enseignée. Cela l’a obligé à chercher pour découvrir une médecine globale qu’elle a pratiquée puis enseignée depuis de nombreuses années.

Marie-Solange, peux-tu nous dire ce qui t’a amenée à ces recherches autour de la dentition ?

Marie-Solange RaymondEn fait, deux expériences m’ont fortement impactée. À l’âge de 18 ans, alors que j’allais entrer en fac de médecine, j’ai eu les yeux brûlés. Je ne savais pas si j’allais pouvoir voir à nouveau. Mais je me suis mise à manger des fruits crus et aussi à jeûner spontanément. J’ai guéri et retrouvé ma vue sans avoir de séquelles. Puis, en 1974, j’ai lu l’ouvrage de Martin Gray, «Au nom de tous les miens». Martin Gray est un rescapé des camps de concentration. Alors qu’il s’était installé aux États-Unis avec sa femme, elle est entrée dans une clinique parce qu’elle était stérile. Là, elle a mangé des fruits et légumes crus, donc vivants, et ils ont pu avoir quatre enfants qui, de plus, n’étaient jamais malades grâce à cette alimentation vivante. Or, j’ai ensuite été enceinte de mon premier enfant, alors que j’étais en dernière année d’étude de clinique dentaire, et j’ai accouché sans aucune douleur, dans la joie et le plaisir. Pourtant je n’avais alors aucune connaissance sur l’alimentation. Mais ces deux expériences ont inscrit en moi un référentiel de santé.

70 % des adultes ont encore une déglutition infantile, et donc une respiration buccale qui génère du stress!

Et puis, au bout de trois années d’exercice de ma profession, je me suis remise en cause pour trouver une médecine de sens et de santé. Pourtant, j’avais fait plusieurs formations parallèles (sophrologie, homéopathie, posturologie…). À ce moment-là, j’avais comme patiente une personne à qui on proposait l’extraction de quatre prémolaires pour soi-disant ranger ses autres dents. J’ai refusé de faire cette intervention. J’ai dû chercher et me suis formée à l’orthodontie fonctionnelle. J’ai commencé à allier à la fois le travail avec l’activateur Soulet-Besombes (le créateur de l’Activateur Pluri-Fonctionnel), et l’approche du Pr Planas de Réorganisation Neuro-Occlusale. Mais je ne peux proposer une méthode si je n’ai pas expérimenté moi-même ses résultats. C’est ainsi que j’ai commencé à mettre au point une technique qui allie un travail de respiration, de positionnement de la langue et de travail du corps, comme je le montre dans mes vidéos. Ces exercices sont la matérialisation de la manière dont le corps fonctionne en permanence. Toute la structure du corps est basée sur la déglutition. Nous déglutissons 1 500 à 2 000 fois par jour. Cela entraîne l’activation de tout le système endocrinien, nerveux, musculaire et génère des endorphines de détente. C’est tout le système physique, psychique et spirituel du corps qui est stimulé. Malheureusement, aujourd’hui, 70 % des adultes ont encore une déglutition infantile, et donc une respiration buccale qui génère du stress…

Justement, pouvez-vous nous dire quels effets peuvent résulter d’une bouche qui n’est pas dans son état optimal, et également quelles sont les causes de cet état de fait ?

Le déséquilibre de la bouche résulte en majeure partie de notre petite enfance. Un tout-petit a besoin d’être allaité, porté, touché : cela permet le développement de son système neuro-affectif. De plus, l’allaitement joue un rôle sur la manière de déglutir. Il faut savoir que le plaisir est chez l’être humain associé à un besoin fondamental. C’est ce qui assure sa survie, mais permet également la structuration de son psychisme. Or, introduire une tétine dissocie le lien entre besoin et plaisir et produit une déstructuration. Cela entraîne d’ailleurs souvent une attirance pour le sucre, ainsi que des dépendances. De plus, l’enfant perçoit le message que l’on n’écoute pas ses besoins et qu’on veut le faire taire. En outre, l’usage de la tétine empêche la langue de se positionner correctement. En effet, à l’âge de 30 mois, avec la mise en place de la dentition de lait, la langue qui était à l’avant en mode succion se positionne au milieu du palais et c’est ainsi que l’on passe d’une déglutition infantile à une déglutition dite adulte, ce qui va permettre la structuration de la bouche et de tout l’équilibre du corps.

Par ailleurs, les différentes étapes de l’apprentissage de la marche permettent la maturation du système nerveux central et l’acquisition du langage et de la pensée. Si la motricité de l’enfant est gênée, par exemple s’il est mis dans un parc, cela va entraver ses acquisitions.

C’est pourquoi il ressort que la période de 0 à 6 mois est primordiale concernant l’acquisition de la pensée et du langage, ainsi que la maturation du système neuronal et la mise en place d’une bonne déglutition.

Puis, à 30 mois, du fait de la présence des dents, il se produit une rétractation des fibres nerveuses du palais à l’avant du palais, afin d’assurer le réflexe vomitif, ce qui conduit normalement la langue à passer d’une déglutition infantile en mode succion à une déglutition adulte s’appuyant au milieu du palais. Et cela permet à son tour la croissance osseuse, le développement de la cavité buccale et la phonation. C’est dans ces conditions que les dents vont chercher à se mettre à la bonne place, garantissant également la bonne posture du corps.

Mais si tous ces facteurs sont entravés d’une façon ou d’une autre, l’articulation temporo-mandibulaire, qui gère également la posture du corps, ne va pas être à la bonne hauteur. Et si, en plus de cela, la respiration n’est pas en place, cela va induire un sous-développement des poumons et une posture déséquilibrée. C’est ainsi que l’on aboutit à des personnes vivant en sous-fonctionnement, vivant sous le poids de leur lignée (les dents étant corrélées à notre histoire personnelle et familiale, je suis en train d’écrire un ouvrage sur ce sujet).

La bouche était une clé essentielle incontournable dans l’équilibre de notre corps

En fait, ce sont la déglutition adulte, la respiration nasale, la phonation et la mastication qui permettent une croissance osseuse équilibrée et la mise en place des dents à leur emplacement correct. En orthodontie, le fait de forcer les dents à s’aligner modifie l’équilibre osseux du corps et génère par exemple des problèmes de dos. Avec l’activateur Soulet-Besombes, l’écran de caoutchouc qui se trouve à l’avant permet à la langue de se positionner correctement et facilite le passage en déglutition adulte et en respiration nasale. Cela joue aussi sur leur posture, comme je l’ai déjà dit. On observe un meilleur sommeil, la disparition de phénomènes tels que les ronflements, l’apnée du sommeil, le bruxisme… Les enfants deviennent plus présents et plus calmes. J’ai réalisé que la bouche était une clé essentielle incontournable dans l’équilibre de notre corps, tant au niveau physique, psychique, que spirituel.

Activateur Soulet-Besombes

Activateur Soulet-Besombes

L’alimentation joue-t-elle également un rôle à ce sujet ?

Oui ! Les travaux de la fondation Weston A. Price ont montré que les différentes populations primitives avaient une bouche parfaitement fonctionnelle et équilibrée, ainsi qu’une immunité naturelle vis-à-vis des caries. Mais que cela changeait avec l’introduction des aliments raffinés, dont le sucre. Et ce, durant la même génération ! La structure osseuse est donc perturbée immédiatement par l’apport de produits raffinés.

Il faut savoir que le sucre est une drogue majeure. Une expérience sur des rats cocaïnomanes montre que si on leur propose du sucre raffiné, ils délaissent la cocaïne ! Nous vivons dans une civilisation où l’alimentation est basée sur le sucre, et ce même en bio. On en trouve même dans les conserves de petits pois-carottes…

Ainsi, je dirais qu’il y a quatre éléments à prendre en compte, si on passe outre la question des poisons chimiques :

  • Le sucre
  • Le gluten. C’est un aliment à éviter, car il crée une colle qui empêche l’assimilation correcte des aliments et qui dépose une pellicule qui détruit la barrière intestinale et perturbe le fonctionnement neuro-psychique.
  • La cuisson. Lorsque l’on mange des aliments cuits, il se produit un phénomène de leucocytose alimentaire, c’est-à-dire une élévation des globules blancs dans le corps. Comme l’a démontré le Dr Kouchakoff, l’organisme met en place les mêmes défenses que si l’on avait une infection. Cela nous conduit à nous demander si nous sommes réellement faits pour manger cuit ! Il s’agit au moins de limiter la consommation des aliments cuits en mangeant cru à hauteur de la moitié du repas, en début de repas. Cela permet de limiter la nocivité des aliments cuits sur notre corps.
  • La pasteurisation. Dans les années 40, le Dr Pottinger a fait une expérience où l’on a donné de la viande crue et de l’huile de foie de morue à trois groupes de chats, mais en leur donnant en parallèle: du lait cru pour le premier groupe; du lait pasteurisé pour le second; du lait concentré pour le troisième. Le second groupe a été malade dès la première génération et les chats montraient qui plus est des problèmes de socialisation. Le troisième groupe a quant à lui été décimé.

Et cela ne vaut pas que pour le lait, dont il vaut mieux faire une consommation modérée, si on en consomme. La pasteurisation introduit une donnée pernicieuse. En effet, l’extrême élévation de température modifie la structure cellulaire des aliments, lesquels ne sont alors pas reconnus par notre organisme. C’est le problème notamment des jus de fruits ou de légumes pasteurisés. Toutes les boissons sucrées sont toxiques ! Une étude de Harvard de janvier 2015 affirme qu’il y aurait 200 000 morts par an liées à la consommation de boissons sucrées (quelles qu’elles soient, jus de fruits du commerce compris).

Il s’agit donc de repenser notre alimentation. Et de la baser sur des fruits, des légumes, et des aliments le moins transformés possible. Si l’on consomme des produits animaux, il vaut mieux les manger sous forme de carpaccio, avec du citron et, encore mieux, avec du lait de coco (coco jeûne, ou séchée)…

Il me semble important également d’ajouter à son alimentation des plantes sauvages, car les sols cultivés sont tellement dégénérés qu’ils produisent des aliments qui sont eux-mêmes déminéralisés…

En permettant la mise en place chez l’enfant d’une bouche équilibrée ou en la rétablissant chez l’adulte, nous pouvons nous réapproprier notre bouche, habiter notre corps pour vivre nos vies dans la joie, le plaisir et l’enthousiasme de l’instant.

Pour aller plus loin, consultez le site Web de Marie-Solange Raymond.

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Carine Phung Van

Journaliste indépendante, Carine a découvert l’alimentation vivante il y a plusieurs années. Alors mère de son troisième enfant, elle expérimente une énergie qui la convainc d’adopter ce qui pour elle est devenu un art de vivre. Ses petits problèmes de santé s’envolent, puis finalement ses problèmes de thyroïde. Passionnée, Carine co-crée alors le magazine Le Chou Brave. Puis elle rejoint l’association La vie en Raw, pour aider à promouvoir l’alimentation vivante en région Rhône-Alpes. Elle réalise aussi des vidéos de recettes crues ou de témoignages à travers les chaînes YouTube La vie en Raw et Vital’Liens.

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